Yeux bleus perçants, masque dessiné, allure de petit loup : le husky de Sibérie fait rêver. Mais derrière la carte postale se cache un chien de travail, né pour tirer un traîneau sur des centaines de kilomètres. Chez Mushing Pyrénées, nous élevons des huskies de Sibérie depuis 30 ans et la plupart de nos chiens issues des meilleures lignées sont nés chez nous, au pied dans le Val d’Azun et du Tourmalet. Voici ce que nous avons appris à leur contact et que nous voulons vous partager : leur histoire, leur caractère, leurs défauts et ce qu’il faut vraiment savoir sur ce chien de travail, que vous rêviez d’en adopter un ou simplement de vivre une balade en chiens de traîneau dans les Pyrénées.
Le husky de Sibérie en bref
| Critère | Husky de Sibérie |
| Origine | Peuple tchouktche (ou chukchis suivant les orthographes), nord-est de la Sibérie ; race développée aux États-Unis |
| Classification FCI | Groupe 5 (spitz et types primitifs), section 1 (chiens de traîneau nordiques) |
| Taille au garrot | Mâle : 53,5 à 60 cm ; femelle : 50,5 à 56 cm |
| Poids | Mâle : 20,5 à 28 kg ; femelle : 15,5 à 23 kg |
| Espérance de vie | 12 à 15 ans en moyenne |
| Yeux | Bruns, bleus, vairons ou parti color |
| Caractère | Amical, doux, sociable, indépendant, très énergique |
| Besoins | Plusieurs heures d’activité par jour, vie en groupe, clôture solide |
Origine du husky de Sibérie : un chien né pour le traîneau
Le husky de Sibérie vient des Tchouktches, un peuple nomade de l’extrême nord-est de la Sibérie. Ils avaient besoin de chiens légers, endurants et sobres, capables de tirer des charges modérées sur de longues distances par grand froid, en mangeant peu. C’est exactement le chien que nous attelons encore aujourd’hui.

Au début du XXe siècle, ces chiens arrivent en Alaska pour les courses de traîneau de Nome. Plus petits que les chiens locaux, ils surprennent par leur vitesse et leur résistance. Leur heure de gloire arrive en 1925 : lors de la « course au sérum », des relais d’attelages transportent un sérum contre la diphtérie jusqu’à Nome, isolée par l’hiver. Leonhard Seppala et ses huskies, dont le célèbre Togo, couvrent la plus longue étape. Balto, lui, mène l’attelage de la dernière.


La race est ensuite fixée aux États-Unis. C’est pourquoi la Fédération cynologique internationale (FCI) indique les États-Unis comme pays d’origine, et non la Russie.
Le husky descend-il du loup ?
Non, pas plus qu’un autre chien. Tous les chiens partagent un ancêtre commun avec le loup. Des études génétiques suggèrent que certaines races nordiques, dont le husky, portent une petite part d’héritage d’un loup ancien de Sibérie. Mais le husky reste un chien domestique à part entière, sélectionné depuis des siècles pour vivre et travailler avec l’homme.
À quoi ressemble un husky de Sibérie ?
Le standard le décrit comme un chien de traîneau de taille moyenne, à la démarche légère et vive. Tout dans sa morphologie sert l’effort : un corps compact, une poitrine profonde, des pattes couvertes de poils entre les coussinets.
Taille et poids
Un mâle mesure de 53,5 à 60 cm au garrot pour 20,5 à 28 kg. Une femelle mesure de 50,5 à 56 cm pour 15,5 à 23 kg. Un husky en surpoids est un husky qui ne se dépense pas assez : on doit sentir les côtes sous la main sans les voir. Nos lignées spécifiques de courses ont allure plus fine et élancée que les huskies dit « de beauté ».
Pelage et couleurs
Son double pelage, avec un sous-poil dense et un poil de couverture plus long, le protège jusqu’à des températures très négatives. Toutes les couleurs sont admises, du noir au blanc pur, en passant par le gris, le roux, le sable ou l’agouti. Seules les robes merle et bringées sont exclues du standard.
Les yeux
Les yeux peuvent être bruns, bleus, un de chaque couleur (on parle de chien vairon) ou partagés entre deux couleurs dans le même œil (œil particolore). Dans notre meute, la selection se fait principalement sur la morphologie et le caractère du chien et non pour la couleur de ses yeux. Nous comptons cependant pas mal de chiens aux yeux bleus, vairons ou particolores.

Caractère du husky de Sibérie : ce que vivre avec un groupe de chien nous a appris
Le standard résume le caractère du husky en quelques mots : amical et doux, mais aussi vif et ouvert. C’est juste. Mais après 30 ans passés au chenil, nous ajouterions : indépendant, têtu et profondément social.
Le husky est-il gentil ?
Oui. Le husky de Sibérie aime les humains, y compris ceux qu’il ne connaît pas. Lors de nos baptêmes en chiens de traîneau, les enfants sont souvent surpris de voir des chiens aussi impressionnants venir chercher les caresses. Certain peuvent dépasser en taille les enfants mais sont avec eux doux comme des agneaux à l’instar de Narcos notre plus grand chien.
Le husky est-il dangereux ? Défend-il son maître ?
Le husky n’est pas un chien de garde. Le standard précise d’ailleurs qu’il ne montre ni méfiance excessive envers les inconnus, ni agressivité envers les autres chiens en tout cas seul. En groupe c’est plus compliqué. Comme tout chien, il doit cependant être éduqué et socialisé, et son instinct de prédation peut le pousser à poursuivre chats, poules ou petits animaux.
Le husky est-il intelligent et obéissant ?
Intelligent, oui. Obéissant, pas au sens où on l’entend pour un berger. Le husky a été sélectionné pour prendre des décisions seul : sur la piste, un chien de tête doit parfois refuser un ordre par exemple si la glace est fragile ou que le sol sous c’est patte est meuble. Il comprend très vite ce qu’on attend de lui, mais il répond mieux quand l’exercice l’intéresse que lorsqu’on lui répète le même ordre sans raison. L’éducation passe donc par la constance, la patience et le renforcement positif, jamais par la force mais avec fermeté. Comme le dirait notre ami Jeannot : une main de fer dans un gant de velours.
Le husky aboie-t-il beaucoup ?
Très peu. En revanche, il hurle. Au chenil, il suffit qu’un chien lance le chant pour que toute la meute reprenne en chœur, souvent avant le départ en balade ou à l’heure du repas. C’est magnifique à écouter en montagne, beaucoup moins dans un lotissement.
Les défauts du husky sibérien
On parle peu des défauts du husky, et c’est pourtant là que se jouent la plupart des abandons. Voici ceux que nous voyons le plus souvent chez les propriétaires qui nous demandent conseil.
- La fugue. Le husky est un champion de l’évasion. Il saute, grimpe et creuse : une clôture classique de 1,20 m ne l’arrête pas. On recommande au moins 1,80 m de hauteur, avec un grillage enterré d’environ 40 cm voir un retour sur le haut du grillage.
- Le rappel aléatoire. Son instinct de prédation est fort : lâché en pleine nature sans rappel solide, un husky qui flaire un chevreuil peut partir sur plusieurs kilomètres sans revenir. Chez nous, les chiens courent attelés et peuvent être lâché en liberté pour être attelés. Mais toujours par 1 ou 2 et toujours en ayant conscience qu’il n’y a jamais 100% d’obéissance.
- La destruction par ennui. Un husky qui ne dépense pas son énergie la retourne contre le canapé, le jardin ou les portes. Si vous voulez éviter les allers-retours chez IKEA, mieux vaut le fatiguer dehors que le laisser s’occuper seul à la maison.
- La solitude mal vécue. C’est un chien de « meute ». Seul toute la journée, il s’ennuie et hurle.
- La mue. Deux fois par an, il perd son sous-poil en quantité impressionnante. Prévoyez une brosse adaptée et un bon aspirateur.
Un chien de sport avant tout
Le husky de Sibérie est fait pour courir longtemps. Une promenade en laisse autour du pâté de maisons ne lui suffit pas : il a besoin de plusieurs heures d’activité par jour, dont une partie en effort réel.
Nos chiens courent toute l’année. L’hiver, ils tirent les traîneaux ou des karts sur les stations de Barèges, d’Hautacam ou de Luz-Ardiden.Dès l’automne, à la fraîche, ils sont entraînés en Kart ou en Quad sur les sentiers du Val d’Azun et du Hautacam environ 5 fois par semaine. Vous pouvez participer à l’un de ces entrainements pour un moment de partage et d’émerveillement.
Pour un particulier, les sports canins de traction sont la meilleure façon de lui offrir ce dont il a besoin : canicross, cani-VTT, cani–rando ou attelage. Un husky qui travaille est un husky équilibré et calme à la maison.

Le husky supporte-t-il la chaleur ?
Il la supporte mal à l’effort. Son pelage l’isole aussi du chaud, mais il régule mal sa température quand il court. En été, il lui faut de l’ombre, de l’eau en permanence et des sorties tôt le matin ou tard le soir. La plupart des mushers arrêtent l’entraînement attelé au-delà de 15 °C, c’est notre cas. C’est pour cela que nous ne faisons que de très rares prestations d’attelage l’été et privilégions la cani-rando ou la visite de l’élevage.
Espérance de vie et santé du husky de Sibérie
L’espérance de vie du husky de Sibérie est de 12 à 15 ans en moyenne. C’est une race robuste, mais quelques affections sont à surveiller.
- Les maladies des yeux : cataracte héréditaire, atrophie rétinienne progressive, dystrophie de la cornée. Un éleveur sérieux fait dépister ses reproducteurs même si certains tests ne sont pas fiable à 100%
- La dysplasie de la hanche, moins fréquente que chez les grandes races, mais à dépister elle aussi notamment sur les lignées dites « de beauté ».
Une alimentation adaptée à l’activité, un poids surveillé et un suivi vétérinaire régulier font le reste. Chez nous, la récupération fait aussi partie du soin. Sybille, masseuse animalière spécialisée dans le chien sportif, suit nos chiens tout au long de la saison : pendant les périodes d’entraînement, après les gros efforts et au moment de la reprise. Par la palpation, elle repère les zones tendues de chaque chien et travaille la détente musculaire pour l’aider à récupérer. Frédéric et Jordan ont d’ailleurs suivi sa formation « équilibre et performance du chien sportif » pour prolonger ce travail au quotidien. Nous vous en parlons plus en détail sur notre article consacré au massage canin, bien-être de l’athlète canin.
Husky, husky de Sibérie, Alaskan husky, Malamute : quelles différences ?
C’est l’une des questions que l’on nous pose le plus. Le mot « husky » est un terme générique qui désigne les chiens de traîneau nordiques. Le husky de Sibérie, lui, est une race reconnue, avec un standard précis.
| Husky de Sibérie | Alaskan husky | Malamute d’Alaska | |
| Statut | Race reconnue (FCI) | Type de chien de travail, non reconnu comme race | Race reconnue (FCI) |
| Gabarit | Moyen, léger | Variable, souvent plus fin | Lourd et puissant |
| Point fort | Endurance | Vitesse et endurance en course | Force, charges lourdes |
| Yeux bleus | Fréquents | Possibles | Non admis par le standard |
L’Alaskan husky est le fruit de croisements sélectionnés pour la performance pure. C’est le chien des grandes courses comme l’Iditarod. Le Malamute, plus massif, est taillé pour tirer lourd plutôt que vite. Le husky de Sibérie se situe entre les deux : polyvalent, endurant, et un compagnon formidable pour qui peut lui offrir assez d’activité.
Le husky de Sibérie est-il fait pour vous ?
Avant de craquer pour un chiot husky, posez-vous honnêtement ces questions.
- Avez-vous au moins deux heures par jour à lui consacrer, toute l’année, quel que soit le temps ?
- Avez-vous un jardin bien clôturé ? L’appartement est possible, mais exigeant.
- Pratiquez-vous, ou êtes-vous prêt à pratiquer, un sport de traction ?
- Sera-t-il souvent seul ?
- Vivez-vous dans une région très chaude ? Il faudra adapter son rythme.
Si tous les critères sont réunis ce qui est rarement le cas vous pouvez vous lancer, sinon, il existe une très belle façon de profiter de ces chiens sans en adopter un : venir passer un moment avec eux.
Rencontrer nos huskies de Sibérie dans les Pyrénées
Le meilleur moyen de comprendre le husky et d’en apprendre plus, c’est de partir en balade en chiens de traîneau avec lui. Chaque hiver, nos chiens vous emmènent dans les Hautes-Pyrénées, à Barèges, Hautacam ou Luz-Ardiden.
- Pour une première découverte en famille ou un vrai moment d’aventure, les balades en attelage : la formule Découverte de 30 minutes est idéale pour un baptême, la formule Aventure d’une heure peux vous initier à la conduite suivant les conditions de la piste.
- Pour prendre les commandes, la conduite d’attelage : vous apprenez à mener vos propres chiens, encadré par un musher.
- Pour entrer dans les coulisses, la visite d’élevage : le chenil, les chiens de la « meute », leur entraînement et toutes vos questions sur le husky de Sibérie.
- Pour prolonger l’expérience, une nuit insolite en cabane trappeur au cœur du camp d’hiver de Barèges, ou un séjour dans notre tiny house en Val d’Azun à proximité du chenil.
FAQ sur le husky de Sibérie
« Husky » désigne de façon générale les chiens de traîneau nordiques. Le husky de Sibérie est une race précise, reconnue par la FCI.
De 12 à 15 ans en moyenne, parfois plus pour un chien actif et bien suivi.
C’est possible si le chien dépense son énergie dehors plusieurs heures par jour, mais une maison avec un jardin bien clôturé lui convient beaucoup mieux.
Oui, son pelage le permet, à condition d’avoir un abri, de l’ombre en été et surtout de la compagnie.
Oui s’il a été bien éduqué, il est doux et joueur avec eux. Comme avec tout chien, un adulte doit rester présent.
